Matinée rude

Je suis fatigué. J’ai énormément dormi après le repas. Une heure. C’est énorme. Dur d’émerger. Dur de se recentrer. La matinée a été rude. Accueillir des entreprises pour un chantier de montagne. Cela s’est bien passé. L’un des chefs d’équipe était un passionné de randonnée et nous avons eu l’occasion d’échanger.

J’ai eu du mal à tenir mon serment. Les serments sont faits pour être respectés. La pression sociale est forte cependant. Y compris venant de Lou. Alors j’ai inscrit une tolérance. 3 verres dans la semaine. J’en ai bu un hier soir. Un verre de vin, sans sulfites, un peu pétillant…

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Je me remets au travail devant mon bureau. J’ai coupé la radio lorsque la campagne officielle des présidentielles s’est annoncée. J’ai mis ma play list Indie.

Hier, Tiss s’est couché vexé. Je l’ai repris, lui demandant de ne pas répondre à sa mère, puis, vigoureusement, de se rasseoir pour que nous parlions, pendant que Aa, sa soeur, allait se brosser les dents. Il n’a pas aimé. J’ai eu le sentiment ce matin avant mon départ qu’il voulait faire comme s’il pouvait se passer de nous, aller chercher le car seul, à l’heure qu’il souhaitait, eut-il du attendre une demi-heure les premiers copains… L’adolescence arrive et c’est déstabilisant. Pendant ce temps, Aet’ fais le clown du haut de ses un an. Un peu pour détendre l’atmosphère. Quel challenge pour un bébé d’arriver dans une famille avec des grands frères et soeurs, un passé familial qu’il n’a pas vécu…

Fin de la pause. Je recharge la cheminée. Je dois remettre la machine en route, agenda, mise à jour du planning, traitement de mes mails. Puis je me consacrerai à l’audition de vendredi. Pleinement.

Serment

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Je fais le serment de réduire sérieusement ma consommation d’alcool dans les trois mois qui viennent.

Trop de pression.

Une fois de plus, une fois de trop, le verre superflu, une parole qui dépasse ma pensée, avec Lou, ses parents, devant les enfants. Pas si méchant mais.

Lou souffre. je ne veux pas la faire souffrir.

Cela me fera du bien. Je ne veux plus faire de mon corps un réceptacle des tensions du monde qui l’entoure.

Pour le reste, la nuit porte conseil.

Abandon de lecture

Lou a pris une douche avant de se coucher. J’avais passé une journée exténuante parachevée par une séance de sport acharnée. Je m’étais fait une raison pour la bagatelle. Bien sûr, elle s’était pourtant couchée en nuisette de coton et manifestement ne portait pas de culotte. Mais la lecture de ce roman américain me maintenait dans un état de concentration propre à ne pas me faire d’illusion… Ce n’est qu’en abandonnant ma lecture un peu plus tard, glissant ma main sous sa nuisette entre ses cuisses, en tout bien tout honneur, que la nuit révéla son potentiel érotique.

Matin blême

La journée a commencé de manière totalement décousue. Ma cheville brisée quelques années auparavant ne répondait plus au réveil. Je m’entravais dans les toilettes, me pissant dessus et par la même occasion sur la lunette des chiottes.

Comme si cela ne suffisait pas, je m’envoyais dans la foulée un éclat de souffre dans l’œil en craquant une allumette pour raviver le feu de la nuit dans le poêle. Cette journée semblait mal partie… Peu à peu, un semblant de normalité enveloppait pourtant ce début de matinée bizarre. Je reconstituais ma cheville, rassemblais peu à peu mes esprits et semblait prêt pour une journée de travail vissé sur mon fauteuil face à l’écran d’ordinateur.

Actualité morose…

Ulcéré cet après-midi par l’actualité du jour. Prendre la parole, commenter ? Cela implique une forme de hiérarchie dans ce qui devient une expression raisonnable à partir d’une émotion.  La mort en direct de deux journalistes est forcément plus sidérante que tout autre situation, mais elle ne peut effacer la réalité du monde, des centaines, des milliers de morts quotidiens : Virginie, Somme, Perpignan, Entre Rios, Méditerranée, Syrie, …

Dans le même temps sont découverts dans la cale d’un bateau les corps de dizaines de migrants, une horreur absolue qui reste hors de portée de nos yeux et de nos émotions instantanées, pendant que nous découvrons les rictus de peur et peut-être déjà de douleur de personnes qui vont mourir à l’autre bout de la planète quelques secondes plus tard. Cette proximité, cette promiscuité avec la mort nous touche de manière totalement irrationnelle, de la même manière qu’être le témoin d’un grave accident de la route nous bouleverse.

Ceci rejoint l’analyse de l’information qui tend à montrer que nous sommes dans un flux continu qui ne cesse de nous abreuver dans un flot d’instantanéité. une instantanéité que nous cherchons, par les médias, radio, télé, web, mais que nous finissons par subir, devenant les otages d’un système qui s’auto-nourrit : nous cherchons l’information, les médiateurs de l’information ont besoin de notre présence au bout du tuyau pour exister, c’est un donnant donnant qui finit par nous noyer, pris dans la nasse, sans réel recul parfois, face à des médias qui eux mêmes manquent parfois de recul et de décence par rapport à la diffusion de l’information et de la forme de cette diffusion.

Sans parler des acteurs à la source de l’information qui de plus en plus utilisent les médias pour diffuser leurs propres messages sans que les médias ne prennent la distance suffisante : comme la diffusion des images de la destruction de la cité antique de Palmyre par des organes comme le Figaro, qui deviennent involontairement complices des terroristes de Daech.

En tout état de cause, l’horreur est omniprésente et me submerge un peu par ce bel après-midi d’août.